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Sur une station-service, l'analyse vidéo par intelligence artificielle sert principalement à détecter en temps réel quatre familles d'événements : les chutes et malaises sur la piste ou en boutique, les intrusions sur les zones techniques en dehors des heures d'ouverture, les circulations à contresens ou les stationnements dangereux, et les comportements suspects autour des bornes de recharge électrique. Dans chaque cas, le logiciel analyse le flux des caméras déjà installées et envoie une alerte à l'exploitant ou au centre de supervision.

La différence avec une détection de mouvement classique tient à la qualification de la scène. Un détecteur de mouvement signale un changement d'image, y compris une ombre ou un rideau de pluie. Un modèle de computer vision distingue une personne d'un véhicule, mesure une durée de présence, reconnaît une posture au sol ou un sens de circulation. C'est ce qui permet de réduire le nombre d'alertes inutiles à un niveau compatible avec une exploitation réelle. XXII développe cette approche en France avec sa plateforme CORE, sans reconnaissance faciale.

Quels incidents de sécurité l'analyse vidéo détecte sur une piste ?

La piste concentre les risques les plus immédiats, parce que des personnes et des véhicules y circulent sur le même espace, souvent sans séparation physique.

La détection de chute repère une personne passée en position allongée et maintenue au sol au-delà de quelques secondes. Sur un site en horaires étendus ou en automate sans personnel, cette alerte permet de déclencher un appel avant qu'un tiers ne signale la situation.

La détection de contresens et de circulation anormale repose sur la comparaison entre la trajectoire observée et le sens attendu dans la zone. Elle signale un véhicule qui remonte une file, coupe une voie de sortie ou stationne devant un accès pompiers.

La détection de présence prolongée signale un véhicule immobilisé sur une piste bien au-delà du temps nécessaire à un plein, ce qui recouvre aussi bien une panne qu'un stationnement abusif bloquant une pompe aux heures de pointe.

Comment détecter les intrusions en dehors des heures d'ouverture ?

Les zones techniques, les réserves, les locaux de lavage et les abords des cuves sont des espaces dont l'occupation devrait être nulle la nuit. Ce sont donc des zones où une règle simple fonctionne bien : toute présence humaine détectée dans un périmètre défini pendant une plage horaire donnée déclenche une alerte.

La qualification par l'analyse vidéo apporte ici un gain direct. En distinguant une personne d'un animal, d'un sac plastique ou d'un phare de voiture passant sur la route voisine, elle évite la majorité des déclenchements qui finissent par faire ignorer le système. Une alerte accompagnée de l'image correspondante permet en outre à l'opérateur de lever le doute sans se déplacer.

La même logique s'applique aux zones interdites en journée, par exemple les abords d'une cuve pendant une livraison de carburant, ou une zone de travaux temporairement balisée.

Que surveiller autour des bornes de recharge électrique ?

Les emplacements de recharge introduisent des besoins que les pistes carburant ne connaissent pas. Les durées de stationnement se comptent en dizaines de minutes, les équipements sont exposés, et les câbles contiennent du cuivre.

Trois détections sont couramment mises en place. La présence d'une personne autour des bornes en dehors d'une session de recharge plausible, notamment la nuit. La manipulation prolongée d'un câble ou d'un point de connexion, qui distingue un branchement normal d'une intervention anormale. Enfin, l'occupation d'un emplacement de recharge par un véhicule qui ne recharge pas, sujet d'exploitation plus que de sûreté, mais qui pèse sur la disponibilité du service.

Comment mesurer le parcours client avec les mêmes caméras ?

Les caméras installées pour la sûreté produisent aussi des données d'exploitation, à condition que le cadrage le permette. Sur une station-service, les mesures les plus utilisées sont le comptage des véhicules entrés sur la piste, le comptage des visiteurs entrés en boutique, la durée de la file en caisse et le taux d'occupation des pistes par tranche horaire.

Ces mesures alimentent des décisions concrètes : dimensionner une équipe sur les bons créneaux, revoir une signalétique qui n'amène pas les automobilistes vers la boutique, ou identifier les moments où l'attente en caisse fait perdre des ventes. L'intérêt de mutualiser sûreté et exploitation sur le même parc de caméras est évident en termes de coût, à condition de vérifier que les angles de vue conviennent aux deux usages.

Comment comparer les solutions disponibles ?

Cinq critères permettent de départager des offres qui, sur le papier, proposent les mêmes détections.

La compatibilité avec le parc existant. Une solution qui impose le remplacement des caméras change complètement l'équation économique d'un réseau de stations.

Le taux de fausses alertes en conditions réelles, mesuré sur votre site et non en démonstration. Une nuit de pluie, un éclairage partiel et un trafic routier proche constituent le vrai test.

Le mode de traitement. Un traitement effectué sur le site limite la bande passante nécessaire et permet de fonctionner en cas de coupure de la liaison, ce qui compte pour des sites isolés.

La supervision multisite. Au-delà de quelques stations, il faut pouvoir vérifier d'un seul endroit que chaque caméra remonte bien, et déployer une mise à jour sans intervention locale.

La conformité. Le RGPD s'applique dès qu'un traitement porte sur des données à caractère personnel. Une solution qui n'utilise pas la reconnaissance faciale évite le régime des données biométriques prévu par l'article 9 du RGPD et simplifie l'analyse d'impact. La CNIL a publié une position sur les caméras dites augmentées qui aide à qualifier la finalité retenue.

Quelles obligations respecter vis-à-vis des clients et du personnel ?

Trois obligations structurent le projet. L'information des personnes, par un affichage visible à l'entrée du site indiquant l'existence du dispositif, sa finalité et les moyens d'exercer ses droits. La limitation de la finalité, qui interdit de réutiliser un dispositif installé pour la sûreté à des fins de suivi individuel du personnel. La limitation de la durée de conservation, qui doit être définie et documentée pour chaque type de donnée produite.

Lorsque le dispositif concerne les salariés, la consultation des instances représentatives du personnel s'impose dans les conditions prévues par le code du travail. Un projet présenté en amont, avec une description précise de ce qui est mesuré et de ce qui ne l'est pas, se déroule généralement mieux qu'un dispositif découvert après installation.

Par où commencer sur un réseau de stations ?

Choisissez deux ou trois détections prioritaires, celles dont l'absence coûte le plus cher aujourd'hui. Testez sur un site représentatif des contraintes les plus courantes du réseau, en conditions de nuit comme de jour, pendant une durée suffisante pour juger le taux de fausses alertes. Étendez ensuite par vagues, en conservant la même grille de mesure. La plateforme CORE de XXII a été conçue pour ce type de montée en charge sur un parc de caméras déjà installé.