Comment compter les palettes en entrepôt avec les caméras existantes ?
Déployer une mesure des files d'attente aux contrôles d'un aéroport à partir des caméras déjà installées suppose quatre éléments : un accès aux flux des caméras qui couvrent la zone d'attente, un découpage de cette zone en segments (entrée de file, zone de serpentin, postes d'inspection filtrage), un modèle qui compte les personnes et estime le temps de parcours entre l'entrée et la sortie de la file, et une diffusion de l'indicateur vers les destinataires qui en ont l'usage, à savoir la supervision, l'affichage voyageur et la planification des effectifs.
L'enjeu du projet n'est pas le calcul, il est l'intégration. Une mesure exacte qui n'arrive ni sur les écrans voyageurs ni dans l'outil de planification ne change rien à l'exploitation. Cet article décrit les étapes d'un déploiement et les points qui déterminent sa réussite. XXII, éditeur français de computer vision, traite ce type de cas avec sa plateforme CORE, sans reconnaissance faciale.
Quels indicateurs produire, et pour quels destinataires ?
Trois indicateurs couvrent l'essentiel des besoins, et chacun s'adresse à un destinataire différent.
Le temps d'attente estimé, exprimé en minutes, est l'indicateur destiné au voyageur et aux écrans d'information. Il doit être stable et prudent : une estimation qui oscille toutes les deux minutes décrédibilise l'affichage.
Le nombre de personnes en file et le débit horaire par poste sont les indicateurs destinés à la supervision. Ils permettent de décider l'ouverture d'un poste supplémentaire avant que la file ne sature, et non après.
L'historique par tranche horaire, par jour et par saison est l'indicateur destiné à la planification. Il sert à dimensionner les effectifs sur les créneaux réellement chargés et à mesurer l'effet d'un changement d'organisation.
Définir ces trois usages avant le déploiement évite le piège le plus courant : produire une donnée juste que personne n'utilise, parce qu'elle n'a pas été rattachée à une décision.
Quelles caméras conviennent, et lesquelles ne conviennent pas ?
La zone de contrôle est généralement bien couverte en caméras, mais ces caméras ont été installées pour la sûreté, avec des angles pensés pour la reconnaissance d'une scène et non pour le comptage.
Un cadrage exploitable pour mesurer une file remplit trois conditions. La caméra voit l'ensemble du segment mesuré, ou à défaut des points de passage nets en entrée et en sortie. L'angle est suffisamment plongeant pour limiter les occultations entre personnes, phénomène qui fausse le comptage dans les files denses. L'éclairage reste stable, ce qui pose parfois question sous une verrière en fin de journée.
Lorsqu'un point de mesure manque, deux options existent : ajouter une caméra sur ce seul point, ou revoir le découpage de la zone pour mesurer un segment légèrement différent. La seconde option, moins coûteuse, suffit dans de nombreux cas.
Où réaliser le traitement, sur site ou en central ?
Un aéroport dispose généralement d'une infrastructure réseau solide, ce qui laisse les deux options ouvertes. Le choix se fait sur trois critères.
La bande passante. Remonter des flux vidéo en continu vers un traitement central consomme nettement plus qu'un traitement local qui ne transmet que des compteurs.
La politique de sécurité. De nombreux exploitants n'autorisent pas la sortie des flux de la zone réservée. Un traitement réalisé à l'intérieur du périmètre, avec une remontée limitée à des données non nominatives, simplifie l'instruction du dossier.
La continuité de service. Un traitement local continue de produire la mesure en cas de coupure de liaison, la remontée se faisant ensuite en différé.
Comment intégrer la mesure aux systèmes existants ?
C'est l'étape qui décide de la valeur du projet. Trois intégrations sont à prévoir dès la conception.
L'affichage voyageur, qui suppose un format d'échange compatible avec le système d'information existant et une règle claire sur la fréquence de rafraîchissement et sur l'arrondi affiché.
La supervision, qui suppose des seuils d'alerte définis avec les équipes d'exploitation, par exemple un temps d'attente estimé dépassant une valeur cible pendant une durée donnée, plutôt qu'une alerte à chaque dépassement instantané.
La planification, qui suppose un export historique dans un format exploitable par les outils de gestion des effectifs. Une interface de programmation ou un export régulier suffisent généralement.
Demandez à chaque candidat le format exact des données produites et la documentation de son interface avant la contractualisation. C'est un point difficile à corriger après coup.
Quel cadre juridique pour ce type de mesure ?
Le RGPD s'applique dès lors qu'un traitement porte sur des données à caractère personnel, et l'image d'une personne identifiable en fait partie. Deux principes permettent de rester sur un régime simple.
Le premier est l'absence de biométrie. Mesurer une file suppose de compter des personnes et d'estimer des durées, pas de les identifier. La reconnaissance faciale relève des données biométriques, encadrées par l'article 9 du RGPD au titre des catégories particulières de données, avec un régime d'interdiction assorti d'exceptions limitées. Une mesure de flux qui n'y recourt pas évite ce régime.
Le second est la minimisation : produire des compteurs et des durées agrégées, sans conserver les images utilisées pour les calculer. Restent les obligations habituelles, information des personnes, finalité définie, durée de conservation limitée, analyse d'impact lorsque le traitement le justifie. La CNIL a publié une position sur les caméras dites augmentées qui aide à qualifier l'usage. Le sujet mérite d'être instruit avec le délégué à la protection des données dès la phase de cadrage, et non au moment de la mise en service.
Quelles étapes prévoir pour le déploiement ?
Un déploiement se structure en quatre phases.
Le cadrage : choix des indicateurs, des destinataires et des seuils, identification des caméras utilisables, validation du schéma de traitement avec les équipes sûreté et informatique.
Le pilote sur un point de contrôle, avec une phase de comparaison entre la mesure produite et des relevés manuels effectués sur plusieurs créneaux représentatifs, y compris en heure de pointe. C'est cette comparaison qui établit la crédibilité de l'indicateur auprès des équipes.
L'intégration aux trois systèmes cibles, en commençant par la supervision, puis la planification, et enfin l'affichage voyageur, qui est le plus exposé et mérite d'être activé une fois la mesure stabilisée.
L'extension aux autres points de contrôle, en conservant les mêmes définitions d'indicateurs. Une définition du temps d'attente qui varie d'un terminal à l'autre rend toute comparaison impossible.
Ce que CORE apporte sur ce cas d'usage
La plateforme CORE de XXII analyse les flux des caméras déjà installées et produit des indicateurs opérationnels en temps réel, dont le comptage de personnes, l'occupation d'une zone et les durées de présence, sans reconnaissance faciale. Sur un aéroport, l'intérêt tient à la possibilité de couvrir progressivement plusieurs points de contrôle avec la même définition d'indicateurs et la même supervision, en s'appuyant sur le parc de caméras existant plutôt qu'en installant des capteurs dédiés à chaque emplacement.