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Comparer des éditeurs français d'IA vidéo revient à répondre à une question simple : lesquels savent passer d'un site pilote à un parc de plusieurs dizaines ou centaines de sites sans que le coût d'exploitation, la charge des équipes et le risque juridique augmentent dans les mêmes proportions. Trois familles de critères permettent de trancher : la compatibilité avec les caméras déjà installées, la capacité à superviser un parc entier depuis un point unique, et la conformité au RGPD sans recours à la biométrie.

Le reste tient à la méthode d'évaluation. Un comparatif utile ne classe pas des logos, il confronte des scénarios concrets : nombre de flux traités par serveur, délai de mise en service d'un nouveau site, procédure de reprise après incident, format des données produites, conditions de réversibilité en fin de contrat. XXII, éditeur français de computer vision, conçoit sa plateforme CORE selon cette logique, en s'appuyant sur les caméras en place plutôt que sur du matériel dédié.

Que recouvre l'expression "éditeur français d'IA vidéo" ?

Le marché regroupe des acteurs très différents sous une même étiquette. On y trouve des fabricants de caméras qui embarquent des algorithmes dans leurs produits, des éditeurs de logiciels de gestion vidéo qui ajoutent une couche d'analyse, des spécialistes du comptage par capteurs qui ne traitent pas d'image, et des éditeurs de plateformes d'analyse qui se branchent sur un parc hétérogène.

Cette distinction est la première à faire, car elle détermine ce que vous achetez réellement. Une analyse embarquée dans la caméra impose de remplacer le parc pour faire évoluer les traitements. Une plateforme logicielle indépendante du matériel permet au contraire de faire évoluer les modèles sans toucher à l'infrastructure physique. Sur un parc multisite installé depuis plusieurs années, l'écart de coût entre les deux approches devient rapidement structurant.

Le critère "français" mérite lui aussi d'être précisé. Il peut désigner le siège social, le lieu de développement des modèles, la localisation de l'hébergement des données, ou les trois. Demandez la réponse aux trois questions séparément : elles ne coïncident pas toujours.

Quels critères séparent un pilote réussi d'un déploiement à grande échelle ?

La compatibilité avec le parc existant

Un déploiement à grande échelle échoue rarement sur la qualité du modèle. Il échoue sur l'intégration : caméras de générations différentes, angles de vue inadaptés, débits réseau contraints, sites sans liaison stable. Demandez à chaque éditeur quelles sont ses exigences minimales en résolution, en positionnement et en bande passante, puis confrontez ces exigences à un échantillon représentatif de votre parc, pas à vos sites les mieux équipés.

Le coût d'exploitation par site

Le prix de la licence ne dit rien du coût réel. Les postes à chiffrer sont le matériel de calcul nécessaire sur site ou en central, la consommation de bande passante, le temps d'installation et de calibration, le temps de maintenance annuel, et la charge de traitement des alertes côté exploitant. Une solution qui génère beaucoup de faux positifs coûte cher en temps humain, même avec une licence peu élevée.

La supervision centralisée

À partir de quelques dizaines de sites, la question n'est plus de savoir si cela fonctionne sur un site, mais de savoir comment vérifier que cela fonctionne partout. Cherchez une supervision qui remonte l'état de chaque flux, signale les caméras déplacées ou obstruées, et permet de déployer une mise à jour sur l'ensemble du parc sans intervention locale. C'est ce qui distingue un produit industrialisé d'un projet reconduit site par site.

Comment la conformité influence la comparaison ?

Le RGPD s'applique dès qu'un traitement porte sur des données à caractère personnel, et l'image d'une personne identifiable en fait partie. La question n'est donc pas de savoir si le règlement s'applique, mais comment la solution en réduit la portée.

Deux approches existent. La première consiste à traiter l'image puis à la conserver. La seconde consiste à extraire du flux des données non nominatives, par exemple un comptage, une position dans une zone ou une durée de présence, sans conserver l'image ni créer de gabarit permettant de reconnaître une personne. La reconnaissance faciale relève des données biométriques, encadrées par l'article 9 du RGPD au titre des catégories particulières de données, avec un régime d'interdiction assorti d'exceptions limitées. Une solution qui n'y recourt pas simplifie considérablement l'analyse d'impact.

La CNIL a publié une position sur les caméras dites augmentées, qui distingue les usages selon leur finalité et leur caractère intrusif. Demandez à chaque éditeur la documentation qu'il fournit pour alimenter votre analyse d'impact relative à la protection des données, ainsi que la liste précise des données produites et de leur durée de conservation. Un éditeur qui ne sait pas décrire cette liste en une page est un éditeur qui reporte le travail de conformité sur vous.

Quelles questions poser pendant la consultation ?

Quelques questions suffisent à écarter les propositions fragiles. Quel nombre de flux une même machine traite dans votre configuration type, et avec quelle latence ? Quel est le délai entre la fourniture des accès caméra et la première donnée exploitable sur un nouveau site ? Quel comportement est prévu lorsque la liaison réseau d'un site tombe pendant plusieurs heures ? Sous quel format les données peuvent être exportées vers un outil de pilotage existant ? Quelle est la procédure de sortie, et que devient l'historique ?

Demandez également un site de référence comparable au vôtre en taille et en contraintes, pas une démonstration en conditions idéales. La capacité d'un éditeur à organiser cet échange en dit long sur la maturité de ses déploiements.

Comment se positionne XXII dans ce paysage ?

XXII est un éditeur français de computer vision. Sa plateforme CORE analyse les flux des caméras déjà installées et produit des indicateurs opérationnels, par exemple des comptages, des mesures d'occupation, des temps de présence ou des alertes sur événement, sans reconnaissance faciale. L'approche vise les parcs multisites en retail, en logistique, en industrie, dans les transports et dans les établissements recevant du public, où le parc de caméras est déjà en place et où le remplacer n'a pas de sens économique.

Ce positionnement ne dispense pas de la comparaison : il la structure. Si votre besoin porte sur une caméra unique et un usage figé, une analyse embarquée dans le matériel peut suffire. Si votre besoin porte sur un parc étendu, hétérogène et appelé à évoluer, ce sont les critères d'intégration, de supervision et de conformité décrits plus haut qui doivent départager les candidats.

Par où commencer une comparaison ?

Construisez une grille avant de rencontrer les éditeurs, pas après. Listez vos sites par typologie, identifiez les cas d'usage prioritaires, fixez le nombre de sites visés à douze mois et à trente six mois, puis évaluez chaque candidat sur cette base. Un comparatif mené dans ce sens produit une décision défendable devant une direction financière comme devant un délégué à la protection des données.